Episode 2 : le tourment des pensées
Ceelann était assis. Il était totalement perdu, autant géographiquement, ce qui était compréhensible, mais aussi moralement. Il essaya de résumer sa situation : il était assis et il était perdu. Cette simplicité lui semblait absurde.
Pourtant, ce n'était pas la simplicité qui caractérisait son périple jusqu'à maintenant. Cela faisait 7 jours qu'il était parti. Il avait emporté tout ce qu'il avait pu lors de son départ, tout ce qui lui était nécessaire, c'est à dire, pas grand chose hormis la nourriture. Les premiers jours avaient été relativement simples, mis à part le fait qu'il était seul. Enfin, il était juste plus seul que d'habitude !
Plus les jours passaient, plus il était exténué. A vrai dire, il ne cessait jamais de marcher, encore et toujours... Il ne pouvait en outre parler à personne ; il se contentait de se parler à lui même. Bien qu'il ne l'ai pas voulu, il était obligé. Ses pensées venaient sans prévenir, toujours par milliers, ce qui contribuait à l'affaiblir d'autant plus. Il aurait voulu être vraiment seul, totalement vide, avec pour unique pensée et but celui de marcher sans relâche.
Il arrivait à survivre malgré tout. La nourriture était quasi inexistante. Il trouvait cependant, de-ci, de-la, quelques baies et racines comestibles. Pour sur, il n'était pas difficile ! De toute façon c'était ça ou la mort. Le fait qu'il s'accommode de si peu de chose, prouvait en outre qu'il avait encore envi de vivre. Et puis que pouvait-il bien faire d'autre ? Il se demandait d'ailleurs comment sa mère et lui avaient bien pu vivre ainsi 25 ans, enfermés. Ils auraient pu et même du, depuis longtemps quitter cet endroit et partir à la recherche du reste de l'humanité. Déjà 25 ans de perdu...il n'en revenait pas !
Ces 7 jours de survie et de marche incessante, l'avait rendu d'une humeur passablement irritable. Ce qui était d'autant plus frustrant, puisqu'il ne pouvait être irritable envers personne...
Il n'avait aucune d'idée de l'orientation, de la direction dans laquelle il fallait qu'il aille. Personne ne le savait d'ailleurs ! Il allait donc toujours tout droit, mais le brouillard était si épais qu'il ne voyait pas à plus de 10 mètres devant lui, et était donc tout simplement incapable de savoir s'il marchait tout droit ou pas. Il était même probable qu 'il tourne en rond et revienne sur ces traces. Il n'avait presque aucun repère. Il lui arrivait au début, de tracer des croix sur le sol de terre, et avait vite abandonné ce stratège quand le vent s'était levé. Ceelann, dans ses meilleurs jours se disait qu'il devait s'agir d'un signe, d'une demande d'avancer encore et encore vers son but inconnu. Dans les mauvais jours comme aujourd'hui il se disait qu'il s'agissait d'une punition ; le vent détruisait les baies, effaçait ses traces, faisait voler les millions de particules dans ses yeux verts ou sa bouche assoiffée, créait un bruit assourdissant...Il se sentait ainsi de plus en plus isolé, lui et ses pensées qui le harcelaient sans cesse. Dans ces cas la, il cherchait non plus ses semblables, mais le repos. Il avait l'impression qu'il était plus dur à trouver que la denrée la plus rare sur cette terre : l'eau.
En elle même, elle n'était surment pas si rare qu'elle n'y paraissait mais il fallait creuser et à peine avait elle atteint la surface et l'air, qu'elle devenait imbuvable. Mais encore une fois Ceelann n'avait pas spécialement le choix. Encore que, mourir était en soi un choix faisable. Mais il n'était pas vraiment du genre à ce laisser prendre à se genre de pensée lugubre, même si bien sur, cette pensée lui traversait l'esprit environ 60 fois par minutes à la fin de ces 7 jours. La mort, ne nous leurrons pas, était une solution mais était-il moins courageux que sa mère ? Après tout elle, elle avait survécut, et avait atteint son but ! Pourquoi pas lui ? Il s'il ne réussissait pas, il mourrait oui, mais pas encore.
Au bout de 7 jours ! Ses raisonnements lui paraissaient si absurdes par moment. Arrêter au bout de 7 jours. Fallait-il qu'il soit devenu fou, en plus d'être seul ? Bien que de caractère passif étant donné la situation, il se sentait d'une humeur orgueilleuse voire héroïque. Il n'abandonnerait pas !
Et voilà qu'il avait découvert cette corniche. Heureusement qu'il y avait ce brouillard et qu'il ne pouvait pas regarder devant lui, mais plutôt à ses pieds, sinon il serait tombé, à coup sur. Il l'avait donc vu. La première trace de relief qu'il voyait depuis toujours. Le sol s'arrêtait la, verticalement. Il s'était penché prudemment et n'avait rien vu, puisqu'une masse de brume cachait le fond du précipice. Alors il avait décidé d'attendre que celle-ci se dissipe ; ainsi il pourrait voir ce qu'il l'attendait. Il refusait de faire demi-tour après tout ce chemin, du moins pas avant d'avoir vu. Il aurait pu longer la faille, mais de quel coté ? Et il n'y avait rien à manger aux alentours de toute façon.
Alors il s'était assis, ses jambes se balançant dans le vide, le regard perdu dans la nappe fantomatique quelques mètres plus bas. Il était perdu. Ce 7ème jour était le plus dur de sa vie, enfin l'espérait-il. Le vent s'était rendormi. Au moins, lui, il réussissait... Les heures passèrent sans aucun changement. La patience de Ceelann était sa plus grande force. Il commençait à être sérieusement désabusé, quand tout à coup il entendit un bruit ! Il se pencha et resta immobile et à l'affût quelques secondes, avant de se demander si ce n'était pas encore ses pensées qui se jouaient de lui. Il se leva et s'éloigna du bord. Puis s'arrêta, regarda autour de lui, comme s'il cherchait du soutient... Mais il n'y avait personne qui puisse l'aider.
Alors il sauta...
A suivre...
Ceelann était assis. Il était totalement perdu, autant géographiquement, ce qui était compréhensible, mais aussi moralement. Il essaya de résumer sa situation : il était assis et il était perdu. Cette simplicité lui semblait absurde.
Pourtant, ce n'était pas la simplicité qui caractérisait son périple jusqu'à maintenant. Cela faisait 7 jours qu'il était parti. Il avait emporté tout ce qu'il avait pu lors de son départ, tout ce qui lui était nécessaire, c'est à dire, pas grand chose hormis la nourriture. Les premiers jours avaient été relativement simples, mis à part le fait qu'il était seul. Enfin, il était juste plus seul que d'habitude !
Plus les jours passaient, plus il était exténué. A vrai dire, il ne cessait jamais de marcher, encore et toujours... Il ne pouvait en outre parler à personne ; il se contentait de se parler à lui même. Bien qu'il ne l'ai pas voulu, il était obligé. Ses pensées venaient sans prévenir, toujours par milliers, ce qui contribuait à l'affaiblir d'autant plus. Il aurait voulu être vraiment seul, totalement vide, avec pour unique pensée et but celui de marcher sans relâche.
Il arrivait à survivre malgré tout. La nourriture était quasi inexistante. Il trouvait cependant, de-ci, de-la, quelques baies et racines comestibles. Pour sur, il n'était pas difficile ! De toute façon c'était ça ou la mort. Le fait qu'il s'accommode de si peu de chose, prouvait en outre qu'il avait encore envi de vivre. Et puis que pouvait-il bien faire d'autre ? Il se demandait d'ailleurs comment sa mère et lui avaient bien pu vivre ainsi 25 ans, enfermés. Ils auraient pu et même du, depuis longtemps quitter cet endroit et partir à la recherche du reste de l'humanité. Déjà 25 ans de perdu...il n'en revenait pas !
Ces 7 jours de survie et de marche incessante, l'avait rendu d'une humeur passablement irritable. Ce qui était d'autant plus frustrant, puisqu'il ne pouvait être irritable envers personne...
Il n'avait aucune d'idée de l'orientation, de la direction dans laquelle il fallait qu'il aille. Personne ne le savait d'ailleurs ! Il allait donc toujours tout droit, mais le brouillard était si épais qu'il ne voyait pas à plus de 10 mètres devant lui, et était donc tout simplement incapable de savoir s'il marchait tout droit ou pas. Il était même probable qu 'il tourne en rond et revienne sur ces traces. Il n'avait presque aucun repère. Il lui arrivait au début, de tracer des croix sur le sol de terre, et avait vite abandonné ce stratège quand le vent s'était levé. Ceelann, dans ses meilleurs jours se disait qu'il devait s'agir d'un signe, d'une demande d'avancer encore et encore vers son but inconnu. Dans les mauvais jours comme aujourd'hui il se disait qu'il s'agissait d'une punition ; le vent détruisait les baies, effaçait ses traces, faisait voler les millions de particules dans ses yeux verts ou sa bouche assoiffée, créait un bruit assourdissant...Il se sentait ainsi de plus en plus isolé, lui et ses pensées qui le harcelaient sans cesse. Dans ces cas la, il cherchait non plus ses semblables, mais le repos. Il avait l'impression qu'il était plus dur à trouver que la denrée la plus rare sur cette terre : l'eau.
En elle même, elle n'était surment pas si rare qu'elle n'y paraissait mais il fallait creuser et à peine avait elle atteint la surface et l'air, qu'elle devenait imbuvable. Mais encore une fois Ceelann n'avait pas spécialement le choix. Encore que, mourir était en soi un choix faisable. Mais il n'était pas vraiment du genre à ce laisser prendre à se genre de pensée lugubre, même si bien sur, cette pensée lui traversait l'esprit environ 60 fois par minutes à la fin de ces 7 jours. La mort, ne nous leurrons pas, était une solution mais était-il moins courageux que sa mère ? Après tout elle, elle avait survécut, et avait atteint son but ! Pourquoi pas lui ? Il s'il ne réussissait pas, il mourrait oui, mais pas encore.
Au bout de 7 jours ! Ses raisonnements lui paraissaient si absurdes par moment. Arrêter au bout de 7 jours. Fallait-il qu'il soit devenu fou, en plus d'être seul ? Bien que de caractère passif étant donné la situation, il se sentait d'une humeur orgueilleuse voire héroïque. Il n'abandonnerait pas !
Et voilà qu'il avait découvert cette corniche. Heureusement qu'il y avait ce brouillard et qu'il ne pouvait pas regarder devant lui, mais plutôt à ses pieds, sinon il serait tombé, à coup sur. Il l'avait donc vu. La première trace de relief qu'il voyait depuis toujours. Le sol s'arrêtait la, verticalement. Il s'était penché prudemment et n'avait rien vu, puisqu'une masse de brume cachait le fond du précipice. Alors il avait décidé d'attendre que celle-ci se dissipe ; ainsi il pourrait voir ce qu'il l'attendait. Il refusait de faire demi-tour après tout ce chemin, du moins pas avant d'avoir vu. Il aurait pu longer la faille, mais de quel coté ? Et il n'y avait rien à manger aux alentours de toute façon.
Alors il s'était assis, ses jambes se balançant dans le vide, le regard perdu dans la nappe fantomatique quelques mètres plus bas. Il était perdu. Ce 7ème jour était le plus dur de sa vie, enfin l'espérait-il. Le vent s'était rendormi. Au moins, lui, il réussissait... Les heures passèrent sans aucun changement. La patience de Ceelann était sa plus grande force. Il commençait à être sérieusement désabusé, quand tout à coup il entendit un bruit ! Il se pencha et resta immobile et à l'affût quelques secondes, avant de se demander si ce n'était pas encore ses pensées qui se jouaient de lui. Il se leva et s'éloigna du bord. Puis s'arrêta, regarda autour de lui, comme s'il cherchait du soutient... Mais il n'y avait personne qui puisse l'aider.
Alors il sauta...
A suivre...